Archéo-surréalisme.com

Surréalisme, art du XXI siècle, par Michel NARBONNE
cascades de cadres
DEFINITION                                                       transitoire
pour un dictionnaire
                                           futur…
ARCHEO-SURREALISME, néologisme du début XXIe siècle, constitué d'éléments empruntés à des registres distincts.

Archéo fait ici référence à deux choses :

Le soupçon qui pèse sur l'idée que dans le domaine de l’art toute innovation, toute étrangeté, toute pseudo loufoquerie, même la plus terne serait en soi nécessaire et suffisante : cette tendance, que d'aucuns nomment “nouvelle académie” a dogmatisé autant qu'on peut l'y contraindre une fameuse petite phrase du grand docteur es critique d'art Charles Baudelaire
("Le beau est toujours bizarre"),
écartant d'un revers d'esprit définitif la totalité de ses éphémères et souvent pertinentes réflexions
(celle par exemple qui rappelle que l'art, “ c'est 1% d'inspiration, et 99% de sueur ”) ;
face à cette simili-modernité ou post-modernité, l'archéo-surréalisme n'hésitera pas, par conséquent, à puiser ses contenus et ses formes dans l'immense réservoir que constitue quelque 40 000 ans d'histoire de l'art, étant entendu que puiser n'est pas copier
(de la même façon que la Renaissance ne se contentait pas de “copier” l'Antiquité, que le Romantisme n'a pas à son tour répété le Moyen Age, etc.).
Archéo fait aussi référence à une fascination toute subjective de l’inventeur du terme pour l’archéologie, qui sait restaurer de belles oeuvres ou surfaces anciennes en prenant soin de proposer à l’œil et l’esprit des éléments des couches successives;
que l’auteur nommera "quatrième dimension",
soit celle du temps, comme complément à la troisième dimension des maîtres du Quattrocento.

Surréalisme : quel pouvait être l’intérêt, pour des artistes du XXIe siècle de faire référence à un mouvement qui semblait avoir définitivement disparu avec l’existence même d’André Breton, leader contesté et pourtant accepté ?

Toute définition devra prendre en compte le fait que ce “mouvement” fut justement multi-formules :
celle de l'univers onirique, que les découvertes freudiennes rendaient alors innovantes et qui apparaît aujourd'hui la plus désuète, hormis du côté des bidouilleurs d'images numériques, authentiques créatifs de pubs ou clips vidéo en tête.
celle qui a brisé les tabous, tant du point de vue des formes esthétiques que des contenus, et cette posture-là ne saurait apparaìtre aujourd'hui "dépassée", particulièrement si l'on observe ce que sont les " nouveaux académiciens ".
celle enfin, plus urgente que jamais, qui considère que l'art peut toujours contribuer à transformer le monde (ses structures sociales, ses mentalités), même si les combats à mener, les idéologies à affronter, ne sont plus précisement les mêmes qu'il y a un siècle.
CHÂTEAU

A l'époque même du mouvement surréaliste, André Breton s'était arrogé l'autorité de distribuer les tickets d'entrée d'un club fort privé, alors même qu'il était mieux inspiré d'ouvrir grand les fenêtres dans son Anthologie de l'Humour Noir.

Malgré le sectarisme, l'élitisme et autres puériles batailles, le siècle entier est venu puiser au château des ressources, autant au niveau de l'esprit que de la lettre : au cinéma, les Tex Avery, Fellini, Gillian, Burton, Lynch ou Tarantino ; et des inspirations diverses, celles des écrivains de la Beat Generation ou des musiciens psychédéliques.

Il y a ceux enfin, qui vivent aujourd'hui plus que jamais "en surréalistes" : des résistants écologistes aux derniers peuples indigènes, en passant par ceux que le destin a placé dans une situation insolite : astronautes de la station orbitale, géo-climaticiens en mission en Antarctique ou gardiens de centrales nucléaires … toutes professions très éloignées des anciennes observations sociales des pionniers surréalistes…