" De la politique considérée
comme l'un des beaux-arts "
( Suite de ma conversation avec mon ami Stan, " CUAL 34 " )
Formule insolite s'il en est, mais face aux édulcorées " L'imagination au pouvoir " ou " Changer la vie " -que n'oserait même plus
utiliser le pire publicitaire- il s'agit de relancer une réflexion sur un principe qui a toujours son actualité. Peut-on changer la vie,
la société, sans se dire que la créativité doit avoir une place majeure dans le mode même de la pensée de soi et des autres ?
L'art c'est d'abord un art de vivre, une façon de se penser soi-même dans sa relation aux autres, sa façon de consommer ou ne pas
consommer, d'échanger objets, services, idées, plaisirs de toutes sortes. Cette perspective (trop) générale mais patiemment offerte peut
sans doute déboucher sur des réalités personnelles décomplexées, en attendant mieux : qu'elles soient plus " épanouies " par exemple...
Et si le contenu de nos actions sociales, de nos idées politiques, ne saurait aller sans la forme, il faut pouvoir accepter
l'idée que la transformation sociale doit ouvrir grand ses portes aux " artistes " patentés (comédiens et musiciens, graphistes et
plasticiens, vidéastes et poètes, danseurs et saltimbanques…) mais aussi aux artisans, tenanciers et paysans,
pédagogues et parents, chercheurs et inventeurs de toutes sortes, acteurs majeurs de notre quotidien présent et futur.
Quoi qu'on pense de cette utopie -qui n'est pas si déraisonnable que ça, si l'on songe à la masse des gens qu'elle concerne directement
aujourd'hui-, on pourra déjà, de prime abord, se satisfaire
de l'idée que les jeunes générations accepteront le fait que la politique ce n'est pas nécessairement triste...
Le 9 mai 2008