Archéo-surréalisme

une galerie de Michel NARBONNE
cascades de cadres

cadre du haut

Quand nous insistons sur l'esprit surréaliste, nous insistons sur l'ouverture et non l'insipide répétition d'un style " acquis " et négociable : qu'on songe au fait que le marché et la critique sont parvenus à statufier les infortunés Duchamp, Bacon et quelques autres.
L'heure académique est donc à la " subversion répétée ", jusqu'à plus soif extrait : néo-provoc ou néo-figuratif, ou bien encore néo-abstrait pour faire plaisir au " public averti ", etc...

Alors oui, quant à nous, nous préférons choisir l' archéo-surréalisme, comme ouverture s'entend : rappelons-nous que Max Ernst ne fut jamais enfermé dans une catégorie, pouvant simultanément produire du " nègre ", de l' " onirique " ou du " collage hasardeux ", pratiquer du matériau noble ou du papier découpé, de l'huile sur toile ou du crayon de couleur. Que Paul Klee, menant outre-Rhin les mêmes batailles extrait sous d'autres désignations, n'était pas un obsessionnel d'un " style Paul Klee " facilement identifiable par le collectionneur ou l'historien d'art, savourant la nouvelle " pulsion construite " du jour : figurative ou abstraite, soignée, purement technique ou à peine esquissée.

Actuellement Michel Narbonne et quelques autres revendiquent à nouveau cette posture libératrice : toutes les sources d'inspiration, toutes les techniques possibles, les expressions de l'inquiétude ou du contrôle, du primitif, du moderne ou du " post-moderne ", et tout ce que l'on voudra ; pourvu que ce soit avec la conviction intime de l'artiste, qui ne cherche pas par avance à répondre à une demande… : fervent retour par conséquent aux années héroïques du surréalisme extrait, que nous plaçons faute de mieux sous l'étiquette d'archéo-surréalisme, forme d'insurrection générale contre les pompeux " académismes avant-gardistes ".

Après quoi, il s'agira surtout d'un retour au travail subjectif, offert au goût de subjectivités multiples : on aimera ou on n'aimera pas, liberté de l'amateur d'art à son tour ; mais on reconnaîtra tout du moins une grande ténacité dans la diversité des formes extrait et des sources d'inspiration : en refusant coûte que coûte, pour les œuvres présentées ici, de répéter une trouvaille stylistique, une idée, un thème, un concept jusqu'à la caricature...

N'oublions pas que les règles de l'art n'appartiennent pas aux innombrables pontifes qui vivent du travail des artistes : si ces derniers décident d'imposer leur propre loi, ne doutons pas que les investisseurs privés, les décideurs institutionnels, les historiens et autres critiques finiront bien par suivre le mouvement.

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... lumière magique d'un monde qui s'autogénère…

                 Lettre du
24 février 2007          
Le ministre André Malraux avait constitué son musée imaginaire en piochant librement dans l’art de tous les temps ; aujourd’hui, le webmaster Lionel Gaimard installe sa galerie imaginaire à partir de mon travail : gloire pré-posthume pour un artiste inconnu…
Laissez-moi vous dire deux mots de la simplicité avec laquelle apparut cet immense événement autobiographique.
Une rencontre polie, comme tant d’autres, au milieu d’une exposition ; et une suggestion amicale, à la suite de tant d’autres : « Si tu n’as pas d’agent, un site perso ? … -Mais sans moyens, qui va faire ça ? – Moi ! je peux essayer …–Mais sans moyens ? –No problemo ! … ». Bon ! suggestion gratuite, après tout … Sauf qu’il l’a fait ! il réalise le site perso en ce moment et, de semaines en semaines, je découvre son espace virtuel en même temps que tout visiteur des lieux. Quelle jubilation !... et quelle angoisse !
Narcisse valorisé, Narcisse inquiet : grâce à cette expérience (dont nul ne sait jusqu’où elle ira), j’observe en direct comment une autre personne, qui me connaît assez peu, appréhende mon travail : faisant fi de toutes les politesses d’usage, des pièces que j’estime se retrouvent quasiment au rebut de sa page web ! et, à l’inverse, des objets de circonstance, essais de matière ou mise en forme s’installent plein cadre et pleine lumière… Parfois, j’ose esquisser une suggestion de mise en place, mais Lionel Gaimard prend ou ne prend pas, toujours avec gentillesse.
C’est vraiment parfait comme ça ! à tout point de vue le contrat moral qui me paraît s’imposer : son travail à lui est une prestation et une création numérique, ce qui excède largement les limites d’une simple exécution ; et, par son geste d’esthète-expert, il invente un espace imaginaire qui exhibe et me dépossède au quotidien des matériaux que je peux lui fournir.
Ce lieu, c’est bien aujourd’hui une aventure à deux ; si l’on s’en souvient, les excités des années 1920 pouvaient créer un mouvement à moins que ça.
Alors donc, grâce à toi, mon cher Lionel –professionnel du son et trompettiste à tes heures- non seulement j’existe sur la toile, mais actons ensemble ce jour la naissance officielle du mouvement archéo-surréaliste.
extrait de Postmodern